Fédérer et accompagner les régisseurs
1. Ton rôle est d’être en lien direct avec les régisseurs. Concrètement, comment les accompagnes-tu au quotidien ?
Mon travail, c’est d’abord d’aller chercher les clients et de fédérer autour de la Cinéboutique. Je rencontre les régisseurs, je les convaincs de nous confier leurs listes, en tenant compte de leur contexte et de leur budget. Est-ce un tournage de nuit ou de jour ? En studio ou en extérieur ? Est-ce un film contemporain ou d’époque ? Toutes ces données influencent le matériel que l’on met à leur disposition.
Mais au-delà de l’aspect matériel, je suis là pour les écouter et leur apporter un service qui reflète nos valeurs : disponibilité, réactivité, souplesse. Je leur dis souvent : “Faites votre liste complète, et nous, on fera en sorte que ça rentre dans votre budget.” Je ne veux pas que les régisseurs rognent sur leur confort de travail. Leur métier est déjà assez complexe : autorisations, conventions, plannings des équipes, transferts de comédiens, urgences de dernière minute… La régie, c’est un métier où l’on est toujours sous pression. Mon rôle, c’est de leur éviter une difficulté supplémentaire, et de faire en sorte que la gestion du matériel soit une solution, jamais un problème.
Concrètement, cela passe par de la souplesse : si un régisseur doit récupérer du matériel la veille plutôt que le jour prévu, on fait tout pour s’adapter. Est-ce qu’on va leur facturer une journée supplémentaire pour ça ? Pas forcément. Notre philosophie, c’est de trouver des solutions et de dire oui dans la mesure du possible. C’est cette agilité qui nous différencie : nous sommes capables de réagir vite, de compléter une liste en urgence, d’assurer un réapprovisionnement dans la foulée, d’avoir une grande amplitude horaire si nécessaire. Parfois, on leur “sauve la vie” dans un coup de feu, et c’est ce qui fait la valeur de notre relation. Notre motto : Le service avant tout.
L’ouverture du métier de régisseur
2. Le métier de régisseur a beaucoup évolué ces dernières années. Comment cela impacte-t-il ton travail ?
Le regard porté sur les régisseurs a changé. La régie bénéficie aujourd’hui d’une meilleure reconnaissance de la part des productions et des autres métiers. Les budgets qui leur sont alloués sont un peu plus conséquents, et cela se traduit directement pour nous sur notre parc matériel.
À une époque, une table de régie se résumait à un plateau posé sur des tréteaux. Aujourd’hui, on propose des tables pliantes solides, des portants roulants, des glaces de maquillage montées sur chariots, des chaises et accessoires pensés pour être mobiles. Tout tend vers le “roulant” : l’idée est qu’un régisseur puisse, d’un décor à l’autre, basculer facilement tout son matériel sans effort inutile. C’est une vraie révolution dans leur quotidien, qui s’oriente vers plus de confort et d’efficacité.
Les régisseurs sont des créatifs : ils réfléchissent constamment à des manières d’optimiser leur confort et celui des équipes, d’alléger le port de charges lourdes, de faciliter les transferts de matériel. Leur quotidien est fait d’astuces et d’innovations pratiques, que nous devons suivre et anticiper.
Il y a également une dimension nouvelle, qui est celle de l’éco-production. Sur Emily in Paris, par exemple, j’ai travaillé avec un régisseur dédié à cette mission. Il avait élaboré une liste entièrement pensée pour réduire l’impact écologique : consommables, matériel, modes de transport… La production a investi en ce sens, et nous avons échangé en profondeur pour adapter nos solutions. C’est une tendance forte, et un chantier que nous devons accompagner de près.
Une ouverture grandissante à l’international
3. La Cinéboutique accompagne aussi de nombreuses productions internationales. Comment abordez-vous cette dimension ?
L’implication de TSF sur les projets internationaux est forte. Nous avons développé des relations privilégiées avec des régisseurs qui travaillent sur des projets étrangers et nous avons une capacité à répondre sur les volumes sans commune mesure.
Sur les projets américains, la logique est différente : quand sur un projet français, il y’a une trentaine de techniciens, sur un film américain, on peut avoir 200, 300 voire 400 personnes. Cela implique des besoins multipliés, en termes de logistique et de régie.
C’est là que notre force de frappe fait la différence. Nous avons la capacité de fournir en propre — sans sous-traitance — des volumes massifs de matériel : des centaines de talkies (jusqu’à 300 sur un projet !), des portants, des tables, des chaises, des glaces de maquillage, des tentes… C’est une vraie fierté, car cela prouve que nous pouvons répondre à des productions d’envergure internationale avec la même philosophie de service que sur un projet français.
Nous avons travaillé sur John Wick 4, Walking Dead, Emily in Paris, ou encore Étoile. Dans chacun de ces cas, nous avons montré que TSF était capable de répondre aux volumes gigantesques, tout en gardant de la souplesse et de la réactivité. C’est une spécificité unique en France : nous sommes aujourd’hui les seuls à pouvoir accompagner une production étrangère sur l’ensemble de ses besoins techniques et logistiques, grâce à l’intégration de tous nos métiers.

